La chaîne Columbia : un autre visage de l’Ouest canadien

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Dans cet article, Nicolas, membre de l’agence Altiplano Voyage, partage son regard sur un voyage dans l’Ouest canadien. Sans chercher à dresser une liste exhaustive des incontournables, il revient sur une région qui l’a particulièrement intéressé : la chaîne Columbia, souvent moins présente dans les premiers projets de voyage que Banff ou Jasper. Une manière de parler du Canada à partir du terrain, des itinéraires parcourus et de ces étapes plus discrètes qui peuvent apporter une autre lecture du voyage.


Quand on prépare un voyage dans l’Ouest canadien, certains noms arrivent presque immédiatement : Banff, Jasper, Lake Louise, la promenade des Glaciers, Calgary, Vancouver… Et c’est assez logique.

Ces lieux font partie d’un premier voyage dans les Rocheuses pour de bonnes raisons. On y trouve des paysages de montagne très accessibles, des possibilités de randonnée nombreuses, des lacs, des glaciers, des hébergements en pleine nature et de belles occasions d’observer la faune. Il ne s’agit donc surtout pas de chercher à les éviter sous prétexte qu’ils sont connus.

Mais lors d’un voyage au Canada, j’aime aussi regarder ce qu’il y a autour. C’est souvent là que l’itinéraire devient plus personnel.

À l’ouest des Rocheuses, entre Golden, Revelstoke et l’intérieur de la Colombie-Britannique, les Columbia Mountains dessinent justement cet autre terrain de voyage. Elles regroupent plusieurs chaînes, dont les Selkirk, les Purcell, les Monashee et les Cariboo, avec une géographie et un climat différents de ceux des Rocheuses canadiennes.

C’est de cette région dont j’avais envie de parler. Pas pour remplacer Banff ou Jasper. Plutôt pour expliquer pourquoi, dans un itinéraire de deux ou trois semaines dans l’Ouest canadien, il peut être intéressant de faire un petit pas de côté.

Lac Louise au Canada

« Ce que j’aime dans cette partie du Canada, c’est qu’on retrouve tout ce qu’on est venu chercher dans l’Ouest — la montagne, les forêts, les glaciers, les randonnées — mais dans une géographie et avec un rythme un peu différents. »

Les Columbia Mountains, juste à côté des Rocheuses… mais bien différentes

Sur une carte, la nuance n’est pas forcément évidente. En quittant Banff vers l’ouest, on traverse Golden puis le col Rogers avant de rejoindre Revelstoke. On pourrait avoir l’impression de ne jamais vraiment quitter les Rocheuses. Et pourtant, le paysage change.

Les Columbia Mountains constituent un ensemble montagneux distinct. L’influence des masses d’air venant du Pacifique y apporte davantage de précipitations. À basse altitude apparaissent notamment des forêts intérieures de cèdres et de pruches ; plus haut, on retrouve les glaciers, les champs de neige, les prairies subalpines et les sommets rocheux. C’est l’une des choses qui m’a marqué : en quelques heures de route, on reste dans un grand univers de montagne, mais les ambiances évoluent réellement. Et surtout, plusieurs étapes mériteraient à mon sens davantage qu’un simple passage.

Le Parc National des Glaciers : celui devant lequel on passe facilement

C’est probablement l’exemple le plus parlant. Entre Golden et Revelstoke, la Transcanadienne traverse le Parc National des Glaciers, notamment au niveau du col Rogers. Beaucoup de voyageurs empruntent donc le parc… sans forcément décider de s’y arrêter. Son centre d’accueil est beaucoup plus discret que ceux que l’on rencontre dans certains grands parcs des Rocheuses. Pourtant, dès qu’on regarde la carte des sentiers, on comprend qu’on pourrait facilement y passer la journée.

Le parc se trouve dans les chaînes Selkirk et Purcell et protège un paysage composé de vallées encaissées, de forêts anciennes, de glaciers et de nombreux couloirs d’avalanche.

Parc National des glaciers au Canada

S’arrêter au col Rogers

Même sans prévoir une grosse randonnée, le secteur du Rogers Pass mérite un arrêt. Il permet de comprendre comment cette barrière montagneuse a façonné l’histoire des transports dans l’Ouest canadien. Plusieurs petites marches suivent d’ailleurs d’anciens tracés ferroviaires.

Le sentier de Loop Brook, par exemple, forme une boucle d’environ 1,7 km où subsistent les imposants piliers de pierre d’une ancienne voie ferrée. Bear Creek Falls permet de rejoindre une cascade glaciaire avec une marche courte mais assez raide.

Ce sont précisément ces petites étapes que j’aime intégrer dans une journée de route : on ne cherche pas forcément à « faire un parc », mais on transforme un déplacement en véritable étape du voyage.

Prendre une journée pour marcher

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, le potentiel de randonnée devient beaucoup plus important.

Le Great Glacier Trail permet par exemple une randonnée d’environ 8,4 km aller-retour vers le secteur du glacier Illecillewaet. D’autres itinéraires comme Balu Pass, Asulkan Valley, Glacier Crest ou Abbott Ridge s’adressent à des marcheurs plus habitués aux terrains montagneux et aux dénivelés importants. Ici, il faut vraiment adapter la randonnée au niveau de chacun et aux conditions du moment. La saison de randonnée en altitude est relativement courte en raison de l’enneigement important, et certaines zones peuvent faire l’objet de restrictions liées notamment à la présence des grizzlis.

Mais c’est justement l’intérêt : le parc peut aussi bien être une pause de deux heures sur la route qu’une véritable journée de montagne.

Le Parc National du Mont-Revelstoke : monter progressivement de la forêt aux prairies alpines

Quelques kilomètres plus loin, l’ambiance change encore avec le Parc National du Mont-Revelstoke.

Revelstoke est connue comme ville de montagne et comme station de ski. En été, la région est également très fréquentée par les amateurs de randonnée et de vélo. Mais le Parc National lui-même mérite que l’on y consacre du temps. Son grand fil conducteur est la Meadows in the Sky Parkway. Cette route de montagne grimpe sur environ 26 kilomètres depuis la vallée jusqu’au secteur de Balsam Lake, à plus de 1 800 mètres d’altitude. On passe progressivement des forêts de cèdres et de pruches aux forêts subalpines puis aux prairies d’altitude. Et cela change complètement la façon d’aborder la montagne.

On peut s’arrêter à plusieurs points de vue, marcher une heure ou partir pour une randonnée beaucoup plus longue.

Lac Balsam au Canada

Pourquoi j’aime particulièrement cette étape

Parce qu’elle fonctionne avec beaucoup de profils de voyageurs. Il n’est pas nécessaire d’être un gros randonneur pour accéder à un paysage d’altitude. Depuis le haut de la Parkway, le sommet du Mont Revelstoke est accessible après environ un kilomètre de marche. À l’inverse, ceux qui souhaitent consacrer une vraie journée à la randonnée peuvent poursuivre vers Eva Lake ou les Jade Lakes.

En été, la période la plus favorable pour les sentiers d’altitude se situe généralement entre début juillet et mi-septembre, mais l’ouverture dépend directement de la fonte des neiges. C’est un point important lorsque l’on construit un itinéraire : début juin, par exemple, il ne faut pas imaginer que toutes les randonnées alpines seront déjà accessibles.

Revelstoke mérite aussi que l’on y dorme

C’est une autre différence importante entre une route que l’on traverse et une région que l’on découvre. Si Revelstoke n’est qu’un point entre Banff et Vancouver, on risque de repartir dès le lendemain matin.

En restant deux nuits, le rythme change. On peut consacrer une journée au Parc National du Mont-Revelstoke, choisir une randonnée en fonction de la météo, prendre davantage de temps en ville et éventuellement profiter d’autres activités proposées dans la région.

Pour moi, c’est exactement le type d’étape qui permet d’éviter un itinéraire composé uniquement de « grands noms ». On commence à regarder les espaces entre les étapes. Et souvent, ce sont eux qui donnent une vraie cohérence au voyage.

Wells Gray : changer encore de décor autour de Clearwater

Plus au nord, Wells Gray Provincial Park est un autre endroit que j’aime associer à cette réflexion. On parle parfois de « Clearwater » pour désigner l’étape, puisque cette petite ville sert de principale porte d’entrée au parc. Mais c’est bien Wells Gray que l’on vient découvrir.

Wells Gray au Canada

Et cette fois, ce ne sont plus seulement les sommets qui structurent le paysage. Le parc protège un territoire marqué notamment par d’anciens phénomènes volcaniques, des forêts, des lacs, des glaciers et de nombreuses cascades. Helmcken Falls, Dawson Falls et Spahats Falls font partie des sites les plus accessibles de la partie principale du parc.

Ne pas seulement venir photographier Helmcken Falls

Helmcken Falls constitue évidemment l’un des grands points d’intérêt de Wells Gray. Mais je trouve justement dommage de réduire le parc à ce seul arrêt. On peut poursuivre vers Clearwater Lake, marcher autour de plusieurs secteurs du parc ou consacrer une journée à cette vallée avant de reprendre la route.

Depuis Clearwater, la route du parc se prolonge sur environ 71 kilomètres jusqu’au secteur de Clearwater Lake ; sa partie finale est en gravier. C’est donc davantage une étape à vivre tranquillement qu’une série de points à cocher.

À intégrer plutôt avec au moins deux nuits dans la région si l’on souhaite avoir une vraie journée disponible dans le parc.

Et le Parc National de Kootenay dans tout ça ?

J’avais également envie de parler du Parc National de Kootenay, même s’il faut ici faire une petite précision géographique : Kootenay appartient aux Rocheuses canadiennes et non aux Columbia Mountains. Mais dans une réflexion d’itinéraire, il a toute sa place.

Ours noir au Canada

Lorsqu’on séjourne autour de Banff, il permet justement de construire une autre trajectoire et d’élargir la découverte au-delà des axes les plus connus. C’est aussi cela que je retiens d’un voyage dans l’Ouest canadien : il ne faut pas forcément opposer un parc célèbre à un parc moins connu. On peut plutôt jouer avec les différentes vallées et les différentes routes.

  • Banff peut mener vers Kootenay.
  • Golden peut ouvrir vers le Parc National des Glaciers.
  • Revelstoke permet d’explorer les Columbia Mountains.
  • Clearwater donne accès à Wells Gray.

Petit à petit, l’itinéraire devient plus varié.

Faut-il alors éviter Banff et Jasper ?

Surtout pas. Ce serait passer à côté de l’idée. Banff et Jasper restent deux endroits qui comptent dans un premier voyage dans les Rocheuses. La promenade des Glaciers qui les relie constitue elle-même une étape majeure, avec ses glaciers, ses lacs, ses randonnées et ses changements de paysages.

Mais lorsqu’on dispose de suffisamment de temps, je trouve intéressant de ne pas construire tout le voyage uniquement autour de ces deux noms.

La chaîne Columbia permet justement d’ajouter autre chose : 

  • Des forêts plus humides.
  • Des vallées différentes.
  • Des étapes où l’on s’arrête parfois parce qu’une randonnée nous a été conseillée, et non parce que le nom figurait depuis le début sur notre liste.

Comment intégrer la chaîne Columbia dans un itinéraire ?

Tout dépend évidemment de la durée disponible. Sur un voyage assez court, il vaut mieux conserver une certaine simplicité plutôt que d’accumuler les parcs.

Mais à partir de deux semaines et surtout sur un itinéraire de trois semaines dans l’Ouest canadien, plusieurs combinaisons deviennent possibles.

Une traversée entre les Rocheuses et Vancouver

Un itinéraire peut par exemple associer :

Calgary → Banff → Golden → Parc National des Glaciers → Revelstoke → intérieur de la Colombie-Britannique → Vancouver

Le Parc National des Glaciers fonctionne alors comme une étape de randonnée entre Golden et Revelstoke, tandis que deux nuits à Revelstoke permettent de vraiment découvrir le Parc National du Mont-Revelstoke.

Une grande boucle par Clearwater et Jasper

Avec davantage de temps, j’aime aussi l’idée d’une boucle :

Calgary → Banff → Golden → Parc National des Glaciers → Revelstoke → Wells Gray / Clearwater → Jasper → retour vers Calgary

L’ordre peut évidemment être inversé. L’intérêt est surtout de construire une progression. On ne passe pas simplement d’un Parc National à l’autre : on traverse plusieurs ensembles montagneux, différents types de forêts et plusieurs vallées de Colombie-Britannique et d’Alberta.

Ce que cette région change dans un voyage

Finalement, c’est peut-être cela que j’avais surtout envie de partager. Voyager dans l’Ouest canadien ne signifie pas nécessairement chercher des endroits dont personne n’a jamais entendu parler. Ce n’est d’ailleurs pas le cas de Revelstoke, Wells Gray ou du Parc National des Glaciers. Ils sont connus. Ils sont visités.

Mais ils occupent souvent moins de place dans l’imaginaire d’un premier voyage que Banff, Jasper ou Lake Louise. Et c’est précisément ce qui m’intéresse.

Chez Altiplano Voyage, notre rôle est aussi d’apporter cette connaissance du terrain dans la construction d’un itinéraire : savoir quand il vaut mieux rester une nuit supplémentaire, quelle route mérite que l’on prenne son temps, ou quel parc peut apporter une respiration différente entre deux grandes étapes.

La chaîne Columbia fait partie de ces endroits qui permettent de regarder l’Ouest canadien autrement, sans renoncer aux grands classiques qui donnent envie d’y aller la première fois.

FAQ – Découvrir la chaîne Columbia au Canada

Où se trouve la chaîne Columbia ?

Les Columbia Mountains se trouvent principalement dans le sud-est de la Colombie-Britannique. Elles regroupent notamment les chaînes Selkirk, Purcell, Monashee et Cariboo. Elles sont distinctes des Rocheuses canadiennes situées plus à l’est.

Quels parcs découvrir dans les Columbia Mountains ?

Le Parc National du Mont-Revelstoke et le Parc National des Glaciers sont les deux Parcs Nationaux les plus directement associés aux Columbia Mountains. Wells Gray Provincial Park, plus au nord, permet de découvrir les paysages des Cariboo Mountains et constitue une étape intéressante dans une boucle vers Jasper.

Combien de temps prévoir à Revelstoke ?

Deux nuits constituent une bonne base pour avoir une journée disponible dans le Parc National du Mont-Revelstoke. Les voyageurs souhaitant effectuer plusieurs randonnées ou découvrir davantage la région peuvent facilement prolonger l’étape.

Peut-on visiter le Parc National des Glaciers entre Golden et Revelstoke ?

Oui. La Transcanadienne traverse directement le Parc National des Glaciers et le col Rogers. Il est possible d’y prévoir quelques arrêts courts ou une journée entière de randonnée avant de poursuivre vers Revelstoke.

La chaîne Columbia peut-elle remplacer Banff et Jasper ?

Ce n’est pas forcément son intérêt. Pour un premier voyage dans l’Ouest canadien, elle s’intègre plutôt en complément des Rocheuses. Elle permet de varier les paysages, les randonnées et le rythme du voyage, notamment entre Golden, Revelstoke et Clearwater.