Retour de voyage avec Mariana
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Mariana, directrice d’Altiplano Voyage, connaît bien le Costa Rica. Elle y est retournée pour parcourir à nouveau certaines régions, revoir des hébergements et tester de nouvelles expériences. De Boca Tapada à Arenal, puis jusqu’aux montagnes de Los Santos, elle partage ici ce qui l’a particulièrement intéressée et les étapes qu’elle conseillerait aujourd’hui selon le rythme et les envies de chacun.
Chaque retour au Costa Rica confirme une chose : le pays ne se résume pas à quelques grands parcs et à une liste d’animaux à observer. Ce qui fait la différence, c’est souvent la manière dont on construit le voyage : prendre le temps dans une région, choisir le bon guide, préférer parfois une petite finca à une activité plus formatée ou sortir légèrement des itinéraires les plus évidents. C’est ce que j’ai retrouvé au fil de ce nouveau voyage.
Boca Tapada, pour entrer vraiment dans la forêt
Boca Tapada reste une région que j’aime beaucoup intégrer lorsqu’un voyage laisse suffisamment de temps pour aller un peu plus loin que les étapes les plus classiques. On rejoint le nord du pays, les routes deviennent progressivement plus tranquilles et la forêt prend de plus en plus de place. Ce que j’apprécie ici, c’est que la nature ne se limite pas à une excursion de quelques heures. Elle accompagne toute l’étape.
À Pedacito de Cielo, par exemple, les oiseaux sont déjà présents autour du lodge dès l’arrivée. Le soir, une sortie nocturne permet de découvrir une autre facette de la forêt, avec les grenouilles, les insectes et toutes ces espèces que l’on chercherait en vain en pleine journée.
C’est aussi dans cette région que j’ai revu le Maquenque Eco Lodge. On laisse la voiture avant de traverser le fleuve en bateau pour rejoindre le lodge. Cette arrivée met immédiatement dans l’ambiance : on quitte la route pour entrer dans un environnement beaucoup plus isolé, entouré de végétation.
L’intérêt de Boca Tapada est justement de pouvoir ralentir, observer et profiter de la forêt sans avoir constamment besoin de repartir.
Boca Tapada demande simplement d’accepter un rythme un peu différent. Les derniers kilomètres peuvent prendre du temps, particulièrement après les pluies, et ce n’est pas une étape que je conseillerais de faire entre deux grosses journées de route.
À Arenal, la région est connue mais continue de fonctionner
Arenal fait partie des grands classiques d’un premier voyage au Costa Rica, et je continue à trouver cette étape très pertinente.
La région est plus touristique, bien sûr, mais elle offre aussi beaucoup de possibilités pour varier les journées : forêt, volcan, observation de la faune, ponts suspendus, plantations ou sources chaudes. L’enjeu est surtout de ne pas vouloir tout faire.
J’ai repris le temps de parcourir les ponts suspendus du Mistico Arenal Hanging Bridges Park. Le parcours fait environ 3 kilomètres et se réalise facilement, mais je reste convaincue qu’un guide apporte beaucoup si l’on souhaite réellement observer la faune. Le Costa Rica est très vert, très vivant, mais les animaux ne sont pas forcément là où on les attend. Un guide sait reconnaître un mouvement dans les branches, un cri ou une silhouette que l’on aurait probablement ignorés seul. Et il faut aussi accepter que la nature ne se commande pas : lors de mon passage, le volcan Arenal était entièrement caché par les nuages. Cela fait partie du voyage.

Voir les paresseux autrement
L’une des expériences que je retiens particulièrement autour d’Arenal est une sortie matinale consacrée aux paresseux. Le départ se fait tôt, avant 6 heures. Nous avons parcouru plusieurs sites avec un petit groupe et des guides qui connaissent très bien les habitudes des animaux. Nous avons vu plusieurs paresseux, ainsi que des toucans et d’autres oiseaux. Mais ce qui m’a intéressée, ce n’est pas simplement d’avoir réussi à les observer. Le guide prend le temps d’expliquer les différences entre les espèces, leur alimentation, leur comportement et leur manière de vivre dans les arbres.
Ce que je recherche dans ce type d’activité : ne pas seulement repartir avec une photo, mais avoir compris quelque chose de plus sur l’animal que l’on vient de voir.
Cette sortie reste l’un de mes coups de cœur du voyage.
Une rencontre chez la famille Vargas
S’il y a une nouvelle expérience que j’ai particulièrement envie de retenir après ce voyage, c’est probablement celle vécue auprès de la famille Vargas. Sur leur propriété, on découvre différentes cultures : papayes, goyaves, fruits de la passion, ananas, canne à sucre et plantes médicinales. La visite se fait simplement, au fil des plantations et des dégustations.
Nous avons préparé du guarapo à partir de canne à sucre fraîchement coupée, avant de rejoindre une petite cuisine ouverte au bord d’un ruisseau pour participer à la préparation du déjeuner. J’ai aimé le caractère très naturel de cette rencontre. Ce n’est pas l’activité la plus spectaculaire d’un voyage au Costa Rica, ni la plus sophistiquée. Mais on échange réellement avec une famille, on découvre ce qui pousse autour de la maison et on partage un moment du quotidien.
J’ai également visité la Finca Orgánica Don Uber, qui propose une expérience plus structurée, avec davantage d’ateliers et d’installations. Les deux sont intéressantes.
Mais pour le côté humain et spontané, je garde une légère préférence pour la famille Vargas. C’est aussi une bonne illustration de ce que peut être un voyage au Costa Rica : alterner les grands paysages naturels avec des expériences plus simples, mais qui permettent de mieux comprendre la vie locale.

Les sources chaudes : oui, mais pas forcément pour toute une journée
Autour d’Arenal, les sources chaudes font partie des expériences emblématiques. J’ai testé les Ecotermales Fortuna et j’ai particulièrement apprécié leur taille assez humaine et leur ambiance en fin d’après-midi. Les bassins alternent entre différentes températures et l’environnement est agréable après une journée passée dehors.
En revanche, je ne consacrerais pas nécessairement une journée entière aux thermes. Deux ou trois heures peuvent suffire, idéalement en fin de journée, après une randonnée ou une excursion naturaliste.
C’est souvent ainsi que je trouve l’étape d’Arenal la plus équilibrée : une activité tôt le matin, du temps dans la nature, puis un moment plus tranquille avant le dîner.
Un bon hébergement change aussi la perception d’une étape
Autour d’Arenal, j’ai également revu et testé plusieurs hébergements. Et cela confirme une préférence assez personnelle : dans une région comme celle-ci, j’aime lorsqu’un hôtel prolonge véritablement l’expérience de la forêt.
À l’Arenal Oasis Eco Lodge, par exemple, les bungalows sont répartis au milieu d’une végétation très dense. Les animaux sont présents autour des hébergements et l’ambiance reste très nature malgré la proximité de La Fortuna.
D’autres hôtels proposent davantage de services et peuvent mieux correspondre à certains voyageurs. Il n’y a donc pas un seul bon choix.
Pour un couple qui souhaite surtout être immergé dans la végétation, je privilégierais un petit lodge. Pour une famille ou pour des voyageurs recherchant davantage d’équipements, une adresse plus structurée peut être plus adaptée.
L’hébergement participe réellement au rythme du voyage au Costa Rica.
Los Santos : une autre facette du Costa Rica
La région qui m’a donné le plus envie d’aller encore plus loin cette fois-ci est probablement celle de Los Santos, au sud de San José. Le changement d’ambiance est immédiat. On monte en altitude, les températures deviennent plus fraîches et la forêt tropicale laisse progressivement place à des paysages de montagne, des plantations de café et des vallées beaucoup plus agricoles.
Cette région est moins présente dans les premiers projets de voyage que La Fortuna, Tortuguero ou Manuel Antonio, et c’est justement ce qui la rend intéressante. Elle ne remplace pas nécessairement ces grandes étapes, mais elle peut apporter une autre respiration dans un itinéraire.
Du café, bien sûr… mais pas seulement
J’ai particulièrement aimé la visite du Microbeneficio Don Lucas, une petite exploitation familiale de café. Nous étions seuls avec notre hôte, ce qui permettait de vraiment prendre le temps de comprendre les différentes variétés cultivées, les méthodes de production et les étapes de transformation. La visite se termine par une dégustation comparative de huit cafés.

Même sans être spécialiste, on se rend rapidement compte des différences d’arômes, d’acidité ou de corps. C’est une visite que je conseillerais volontiers aux amateurs de café, mais également aux voyageurs simplement curieux de comprendre ce que représente cette culture dans les montagnes costariciennes.
Plus inattendu encore : on trouve aussi du vin à Los Santos. À Copey de Dota, j’ai visité un domaine viticole installé à environ 2 300 mètres d’altitude. Ce n’est évidemment pas ce que l’on associe spontanément au Costa Rica, et c’est justement ce qui rend la visite intéressante.

Je la verrais plutôt comme une étape complémentaire pour quelqu’un qui connaît déjà le pays ou qui souhaite construire un voyage moins classique, plutôt que comme un incontournable absolu.
San Gerardo de Dota : se lever tôt pour chercher le quetzal
À San Gerardo de Dota, le réveil sonne tôt. Nous sommes partis vers 5 heures du matin avec notre guide pour observer le quetzal. Cette fois encore, le rôle du guide est déterminant. Il connaît les arbres fréquentés par les oiseaux, leurs habitudes et les secteurs où ils ont été aperçus les jours précédents. Nous avons rapidement observé plusieurs quetzals.
Ce type de matinée résume assez bien ce que j’aime dans le Costa Rica : on se lève tôt, on marche dans une forêt encore calme et une grande partie de l’expérience consiste à chercher, écouter et attendre. Il ne faut pas forcément vouloir remplir chaque heure de la journée.

Alors, à qui le Costa Rica correspond-il vraiment ?
Je continue à conseiller le Costa Rica en priorité aux voyageurs qui aiment la nature et qui ont envie de passer une grande partie de leur séjour dehors. Ce n’est pas forcément une destination réservée aux grands marcheurs.
On peut construire un voyage très actif, avec randonnées, rafting ou longues journées en forêt, mais également quelque chose de beaucoup plus accessible avec de petites marches, de l’observation animalière, des plantations et quelques moments de détente.
La destination est aussi très bien en famille, à condition de garder un rythme raisonnable et de ne pas multiplier les changements d’hébergement.
En revanche, quelqu’un qui recherche avant tout de grandes villes, des musées ou un patrimoine monumental important risque de rester un peu sur sa faim.
Au Costa Rica, ce sont davantage les paysages, la faune, les rencontres et la manière de vivre les étapes qui donnent du relief au voyage.
Ce que j’aime lorsque je vais dans une destination c'est retrouver ce qui fonctionne, mais continuer à chercher les petits décalages qui peuvent rendre un itinéraire plus juste et plus personnel.
FAQ : préparer un voyage au Costa Rica
Combien de temps prévoir pour un voyage au Costa Rica ?
Il est préférable de ne pas multiplier les régions. Les distances peuvent sembler courtes, mais les temps de route sont parfois importants. Un itinéraire avec quelques étapes bien choisies permet de consacrer davantage de temps à la nature et aux activités.
Arenal vaut-elle la peine malgré sa fréquentation ?
Oui. Arenal reste une étape très complète pour un premier voyage grâce à la forêt, au volcan, aux ponts suspendus, à l’observation des animaux et aux sources chaudes. Le choix des activités et de l’hébergement permet de trouver un rythme adapté.
Où aller pour découvrir un Costa Rica plus calme ?
Boca Tapada est intéressante pour une immersion très orientée nature et biodiversité. La région de Los Santos et San Gerardo de Dota offrent une ambiance complètement différente, plus montagneuse, avec le café et l’observation du quetzal.
Est-il utile de prendre un guide naturaliste ?
Oui pour certaines expériences. Les animaux sont souvent difficiles à repérer sans connaissance du terrain. Pour les paresseux, les oiseaux ou les sorties nocturnes, l’accompagnement d’un guide permet généralement de mieux observer mais aussi de mieux comprendre ce que l’on voit.
Le Costa Rica convient-il à un voyage en famille ?
Oui, à condition d’adapter le rythme. Beaucoup d’expériences nature sont accessibles aux enfants : petites marches, observation animalière, ponts suspendus, plantations ou navigation. Il est surtout préférable de limiter les longues journées de route et les changements d’hébergement trop fréquents.